Comprendre

Double authentification : déléguer sans y renoncer.

Vous avez activé la double authentification, et vous avez bien fait. Puis vous avez confié un outil à quelqu’un, et le code arrive sur votre téléphone à chaque connexion. La tentation est de la désactiver. C’est la mauvaise réponse à une vraie question.

En bref

La réponse, tout de suite.

  • La double authentification demande, en plus du mot de passe, une seconde preuve : un code, une application, une clé physique.
  • Elle est recommandée par la CNIL comme par l’ANSSI, et ne doit pas être désactivée pour faciliter une délégation.
  • Le problème disparaît quand chacun a son propre compte : chacun a alors son propre second facteur.
  • Pour un compte réellement partagé, un code généré par une application et stocké dans un gestionnaire de mots de passe évite de dépendre d’un téléphone.

Mis à jour en octobre 2026. Comment ces guides sont écrits.

Ce qu’est la double authentification

L’authentification multifacteur repose sur au moins deux preuves de nature différente parmi trois : ce que l’on sait — un mot de passe —, ce que l’on possède — un téléphone, une clé —, ce que l’on est — une empreinte. Un mot de passe volé ne suffit plus à entrer.

Les solutions, par situation

Concilier double authentification et délégation
SituationSolutionCe qu’il faut éviter
L’outil accepte plusieurs utilisateursUn compte par personne, chacun avec son second facteurLe compte unique partagé
Messagerie et agendaLa délégation : la personne se connecte à son propre compteLui confier votre mot de passe et vos codes
Outil à compte uniqueCode généré par application, enregistré dans le gestionnaire de mots de passe partagéLe code par SMS sur votre téléphone personnel
Banque et paiementsUn accès distinct en consultation ou en préparationPartager le moyen de validation des paiements

Le cas du code par SMS

Le code par SMS lie l’accès à un téléphone, donc à une personne. Il rend la délégation pénible : vous devez être joignable à chaque connexion. Quand l’outil le permet, remplacez-le par une application d’authentification : le code peut alors être partagé de façon sûre par un gestionnaire, et vous cessez d’être sollicité.

Les codes de secours

  1. À l’activation, l’outil fournit des codes de secours : enregistrez-les dans votre gestionnaire de mots de passe.
  2. Ne les partagez pas : ils permettent de contourner le second facteur.
  3. Vérifiez qu’au moins deux moyens d’authentification sont enregistrés sur vos comptes essentiels.
  4. Notez, pour chaque compte partagé, où se trouve le second facteur et qui le détient.

Les erreurs les plus fréquentes

  • Désactiver la double authentification parce qu’elle gêne.
  • Transférer les codes reçus par SMS à la demande, dix fois par semaine.
  • Perdre l’accès à un compte parce que le second facteur était sur un ancien téléphone.

Ce que cette page ne remplace pas

  • La configuration de l’authentification dépend de chaque service. Pour les comptes sensibles, faites-vous accompagner par votre prestataire informatique.

Questions fréquentes

Ce qui revient sur ce sujet.

La double authentification est-elle obligatoire ?

Elle est exigée par certains services, notamment bancaires, et recommandée partout où elle est proposée. La CNIL a publié une recommandation consacrée à l’authentification multifacteur.

Peut-on recevoir les codes sur deux téléphones ?

Cela dépend du service. Une application d’authentification dont le secret est conservé dans un gestionnaire partagé est une solution plus propre, quand le compte doit vraiment être commun.

Comment une assistante se connecte-t-elle à mes outils protégés ?

Par un compte à son nom chaque fois que c’est possible : elle a alors son propre second facteur. Les rares comptes à identifiant unique se traitent par le gestionnaire de mots de passe.


Quand la sécurité gêne la délégation, c’est le montage qu’il faut revoir, pas la sécurité.

Déléguer ne veut pas dire tout ouvrir.

Le périmètre, les accès et leur retrait se définissent avant la première demande. C’est la première étape d’un Private Office.

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