Comprendre

Après la relance amiable : mise en demeure, puis injonction de payer.

Quand les relances restent sans effet, le dossier change de nature. Il ne s’agit plus de rappeler, mais de formaliser. Cette page explique les deux étapes suivantes, ce qu’il faut avoir sous la main, et où s’arrête le travail administratif.

En bref

La réponse, tout de suite.

  • La mise en demeure est un courrier recommandé avec accusé de réception qui demande le paiement en termes clairs et formels. Elle n’est pas toujours obligatoire, mais elle marque le passage du rappel à la réclamation.
  • Si elle reste sans effet, la procédure d’injonction de payer permet de saisir le tribunal : le tribunal de commerce pour une créance commerciale, le tribunal judiciaire dans les autres cas.
  • Ces étapes se gagnent sur pièces : devis accepté, bon de livraison, facture, relances. Un dossier complet fait une grande part du travail.
  • Décider d’y aller est une décision de dirigeant. Rédiger l’acte relève d’un avocat ou d’un commissaire de justice.

Mis à jour en octobre 2026. Comment ces guides sont écrits.

La mise en demeure

La mise en demeure est l’acte par lequel le créancier demande formellement à son débiteur d’exécuter son obligation. Elle est adressée par lettre recommandée avec accusé de réception et doit contenir une interpellation suffisante : des termes assez clairs et assez formels pour qu’aucun doute ne subsiste sur ce qui est demandé.

Ce qu’elle contient en pratique

  • L’identité des deux parties.
  • Le rappel de la créance : numéro, date et montant de la facture, date d’échéance.
  • La demande de paiement, dans un délai précis.
  • Le rappel des relances déjà envoyées.
  • Ce que vous comptez faire à défaut de paiement.

L’injonction de payer

Si la phase amiable échoue, vous pouvez demander au tribunal une injonction de payer. C’est une procédure écrite : le juge statue sur les pièces que vous lui remettez, sans que le débiteur soit convoqué à ce stade. Si la demande est fondée, il rend une ordonnance qui devra être portée à la connaissance du débiteur.

Le tribunal compétent dépend de la nature de la créance : le président du tribunal de commerce pour une créance commerciale, quel qu’en soit le montant ; le tribunal judiciaire dans les autres cas.

Le dossier à préparer

  1. Le devis accepté, le bon de commande ou le contrat : la preuve que le travail a été demandé.
  2. La preuve de l’exécution : bon de livraison, procès-verbal de réception, compte rendu, échanges confirmant la prestation.
  3. La facture, complète, avec sa date d’échéance.
  4. Le journal des relances : dates, canaux, réponses obtenues.
  5. Les conditions générales acceptées par le client, pour les pénalités et l’indemnité forfaitaire.

Réunir ces pièces est un travail de classement et de suivi. C’est exactement ce qui peut être confié : le dossier est constitué au fil de l’eau, et il est prêt le jour où vous en avez besoin, au lieu d’être reconstitué dans l’urgence.

Qui fait quoi

Répartition des rôles dans le recouvrement
QuiCe qui lui revient
Le dirigeantDécider d’engager la procédure, de négocier un échéancier ou de renoncer
L’assistance administrativeTenir le journal des relances, réunir et classer les pièces, préparer le dossier
L’avocat ou le commissaire de justiceRédiger et signifier les actes, conseiller sur la procédure
L’expert-comptableTraiter comptablement la créance douteuse ou irrécouvrable

Les erreurs les plus fréquentes

  • Envoyer une « mise en demeure » par simple e-mail, sans termes formels ni preuve de réception.
  • Lancer une procédure sans devis signé ni preuve de livraison.
  • Laisser passer des mois entre la dernière relance et la décision.

Ce que cette page ne remplace pas

  • Cette page décrit le déroulement général. Elle ne constitue pas un conseil juridique et ne remplace pas un avocat ou un commissaire de justice.
  • BrittAssist ne rédige pas d’actes juridiques : son rôle s’arrête à la préparation du dossier.

Questions fréquentes

Ce qui revient sur ce sujet.

La mise en demeure est-elle obligatoire avant de saisir le tribunal ?

Pas dans tous les cas : l’administration indique qu’elle n’est obligatoire que dans des situations particulières. Elle reste recommandée, parce qu’elle fixe une date et montre que la voie amiable a été tentée.

Faut-il un avocat pour une injonction de payer ?

La réponse dépend du tribunal et du montant en jeu ; c’est une question à poser à un professionnel du droit. La page officielle citée en référence décrit la procédure et ses formulaires.

Que peut préparer une assistante dans ce dossier ?

Tout ce qui est factuel : la chronologie, les pièces, les relances, le calcul des sommes dues à partir de vos conditions. Elle ne qualifie pas la situation en droit et ne signe rien.


Un impayé se plaide sur pièces. Les pièces se rangent bien avant le litige.

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