Situation

Fraude au faux RIB et fraude au président : la vérification qui les arrête.

Le message est crédible : votre fournisseur habituel annonce un changement de banque, facture à l’appui. Ou votre dirigeant, en déplacement, demande un virement urgent et confidentiel. Ces fraudes ne visent pas l’informatique. Elles visent la personne qui paie.

En bref

La réponse, tout de suite.

  • La fraude au changement de RIB consiste à se faire passer pour un fournisseur et à demander le paiement de ses factures sur un autre compte.
  • La fraude au président consiste à se faire passer pour un dirigeant et à exiger un virement urgent et confidentiel.
  • La parade tient en un geste : rappeler le fournisseur ou le dirigeant à un numéro déjà connu, jamais à celui indiqué dans le message.
  • Aucune demande de paiement ne justifie de contourner la procédure, quelle que soit l’urgence invoquée.

Mis à jour en octobre 2026. Comment ces guides sont écrits.

Les deux scénarios

Fraude au faux RIB et fraude au président
Faux RIBFraude au président
L’escroc se fait passer pourUn fournisseur, un bailleur, un prestataireLe dirigeant, un avocat, un associé
Ce qu’il demandeRégler les prochaines factures sur un nouveau compteUn virement immédiat, souvent vers l’étranger
Ses leviersUn courrier ou une facture très bien imitésL’urgence, la confidentialité, l’autorité
Sa cibleLa personne qui enregistre les coordonnées bancairesLa personne qui a le pouvoir de virer

Les signaux

  • Un changement de coordonnées bancaires annoncé par e-mail.
  • Une adresse d’expéditeur presque identique à la vraie, à une lettre près.
  • Une demande inhabituelle, présentée comme urgente.
  • L’insistance sur la confidentialité : « n’en parlez à personne ».
  • Un interlocuteur qui refuse d’être rappelé, ou donne un nouveau numéro.
  • Un compte bancaire à l’étranger pour un fournisseur local.

La procédure

  1. Tout changement de RIB est vérifié par un appel au fournisseur, à un numéro figurant déjà dans vos dossiers.
  2. La personne qui saisit les coordonnées bancaires n’est pas celle qui valide le paiement.
  3. Aucun virement inhabituel n’est exécuté sur la seule foi d’un e-mail ou d’un appel, même du dirigeant.
  4. Un mot ou une question convenus à l’avance permettent de vérifier une demande exceptionnelle.
  5. La procédure est écrite, connue, et s’applique aussi quand le dirigeant est pressé.

Le dernier point est le plus important. Ces fraudes réussissent parce qu’un collaborateur veut bien faire et n’ose pas contredire l’urgence. Il faut qu’il sache qu’il a le droit, et le devoir, de vérifier.

Si le virement est parti

  1. Appelez votre banque immédiatement pour demander le rappel des fonds : chaque heure compte.
  2. Rassemblez les éléments : messages, numéros, coordonnées bancaires utilisées.
  3. Déposez plainte.
  4. Prévenez le vrai fournisseur, et vos autres interlocuteurs s’ils peuvent être visés.

Les erreurs les plus fréquentes

  • Vérifier en appelant le numéro indiqué dans le message suspect.
  • Faire une exception « parce que c’est le patron qui demande ».
  • Confier à une seule personne la saisie du RIB et l’exécution du paiement.

Ce que cette page ne remplace pas

  • Cette page décrit des mesures d’organisation. En cas de fraude, votre banque, les forces de l’ordre et le dispositif Cybermalveillance.gouv.fr sont les interlocuteurs.

Références

Sources utiles pour vérifier ces points.

Questions fréquentes

Ce qui revient sur ce sujet.

Une petite entreprise est-elle vraiment visée ?

Oui. Ces fraudes s’adressent à toute structure qui règle des factures par virement. Une petite équipe, où tout le monde se fait confiance et où les procédures ne sont pas écrites, est une cible commode.

Une assistante externalisée peut-elle être visée ?

Toute personne qui prépare des paiements peut l’être. C’est une raison de séparer les rôles : la préparation se délègue, la validation et l’exécution restent chez le dirigeant.

Comment vérifier sans vexer un fournisseur ?

En le disant : « nous vérifions systématiquement tout changement de coordonnées bancaires ». Un vrai fournisseur comprend, et s’en trouve plutôt rassuré.


Un appel de deux minutes, à un numéro que vous connaissiez déjà. Toute la parade est là.

Déléguer ne veut pas dire tout ouvrir.

Le périmètre, les accès et leur retrait se définissent avant la première demande. C’est la première étape d’un Private Office.

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